Le 1er janvier 1994, le nouveau
Code civil du Québec remplaçait le Code civil du Bas Canada de 1866,
édicté peu avant la Confédération. Avant de remettre son projet de Loi,
l'Office de révision du Code civil du Québec a débattu longuement à
savoir si l'industrie de la construction devait bénéficier de ce type
particulier de sécurité. À un moment donné, l’Office suggéra d’abolir
la sécurité accordée à l'industrie de la construction, les créanciers de
la construction seraient ainsi sur le même pied que les créanciers
ordinaires. Puis, l’Office proposa que les créanciers en matière de
construction enregistrent leur sécurité de la même manière que les
autres créanciers, de sorte qu'ils soient tous traités également.
Finalement, il fut décidé que le secteur de la construction avait besoin
et aurait une sécurité prioritaire à tous autres types de sécurité.
Ainsi, le législateur donna préférence au secteur de la construction sur
le secteur financier.
Le législateur remplaça
l’hypothèque judiciaire et les privilèges ouvriers du Code civil du
Bas-Canada par « l’hypothèque légale en faveur des personnes qui ont
participé à la construction ou à la rénovation d'un immeuble ». Comme il
existe quatre différents types d’hypothèque légale, le livre appelle
plus exactement cette sécurité une hypothèque de la construction.
Le livre est unique de plus
d’une façon. C'est le premier texte consacré à un examen complet de
l’hypothèque légale du domaine de la construction et des secteurs
connexes du droit de la construction. Il compare souvent le système de
l’hypothèque légale du domaine de la construction dans la province du
Québec aux systèmes parallèles de privilège de construction trouvés dans
les autres provinces canadiennes et en Amérique du Nord. Il fait
ressortir que notre système d’hypothèque de construction au Québec par
sa simplicité admirable fait l’envie de nos voisins, mais concède que
dans quelques secteurs techniques, tels que la capacité de cerner les
délais pour l'enregistrement des hypothèques de construction, Québec
peut apprendre des techniques utilisées ailleurs au Canada.